SEO local et IA : Alexandre de SEO Supernova
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On a parlé SEO local à l’ère de l’IA avec Alexandre de SEO Supernova

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On a parlé SEO local à l’ère de l’IA avec Alexandre de SEO Supernova

Le SEO local est le terrain où les changements des derniers mois se voient le plus vite, et où les entreprises concernées sont les moins armées pour les encaisser. Un plombier, un ostéopathe ou un garde-meuble n’a ni le temps ni l’envie de devenir une marque. C’est pourtant ce qu’on lui demande.

J’ai reçu Alexandre Théron en live pendant une heure pour parler de ça sans théorie. Fiche Google, avis, pages ville, annuaires, données structurées, et la question qui revient chez tous ses clients depuis cet été : comment j’apparais dans ChatGPT ? C’était son premier podcast, et il a joué le jeu jusqu’au bout.

Qui est Alexandre Théron

Alexandre Théron fait du SEO depuis 2019 et dirige SEO Supernova, une agence SEO local française qu’il a fondée il y a quatre ans et qu’il codirige aujourd’hui avec une associée. Il vient du journalisme, master en poche, et il est arrivé au référencement par la rédaction web avant de comprendre assez vite que le contenu n’était qu’une pièce du puzzle.

Son agence ne fait que du local, à 100 %. Fiche Google Business Profile, site, citations, netlinking local, multilocalisation pour des groupes plus gros. Il assume de ne pas avoir de niche : médecins, ostéopathes, artisans, garde-meubles, tout le tissu TPE et PME y passe. Il anime aussi une formation destinée aux professionnels du marketing, pas aux artisans, dans laquelle il transmet sa méthode d’agence.

Ce background de journaliste explique beaucoup de choses dans sa façon de travailler. Quand on sait écrire, on ne délègue pas ses pages à un modèle, et ça se voit sur les résultats.

La première action pour apparaître dans les IA quand on est un artisan

La question arrive désormais dans presque tous ses rendez-vous. Il me racontait avoir eu la veille au téléphone un artisan au fin fond de l’Isère dont la conversation avait dérivé en trois minutes vers ChatGPT. Ce n’est pas son métier, et pourtant il y pense.

Sa réponse tient en deux couches, et la première n’a rien de nouveau : une base SEO propre. Une fiche Google correctement remplie, et surtout un site qui contient réellement les services, les informations pratiques, les prix et les données de l’entreprise. Le site reste la source que la machine vient vérifier.

La seconde couche est celle que le métier a longtemps traitée par-dessus la jambe : l’E-E-A-T, pour expérience, expertise, autorité et fiabilité. Personne n’a jamais su en mesurer précisément l’impact, alors beaucoup l’ont laissé de côté. Ce temps est terminé. L’écart se creuse entre celui qui a un nom, qui montre ce qu’il fait et qui existe ailleurs que sur son domaine, et celui qui a juste un site.

Je le dis depuis des années dans des termes plus simples : si vous cherchez un maçon pour refaire un muret, vous voulez la preuve qu’il en a déjà fait, et vous voulez voir comment il travaille. C’est exactement ce que Google et les modèles cherchent à leur tour. Ça s’affiche sur le site, ça se détaille, ça se raconte.

Un point de sa méthode m’a paru important pour le local. Il pousse ses clients à aller chercher des liens et des mentions autour de chez eux, pas n’importe où. Le tissu local numérique compte : presse locale, associations, partenaires, fournisseurs. Google relie les points, et le graphe de connaissances aussi. Une entreprise réellement intégrée dans son territoire est plus lisible qu’une entreprise qui aurait seulement acheté des liens génériques.

La fiche Google : ce qui pèse, et ce qui ne pèse pas

Sa hiérarchie est claire, et elle démonte au passage deux croyances tenaces. Le nom et la catégorie comptent pour le classement. Les zones de service et la description ne sont pas des facteurs de positionnement : autant écrire une description qui convertit plutôt qu’une description bourrée de mots-clés.

Sur la fameuse technique du mot-clé dans le nom de l’établissement, il est net : il ne le fait pas pour ses clients. Le risque de suspension est trop élevé, et une fiche suspendue est un cauchemar à récupérer. J’ai reçu suffisamment de clients arrivés avec une fiche strikée et trois cents avis envolés pour confirmer. Sa nuance est bonne : si vous créez votre société aujourd’hui et que vous pensez à demain, glissez le mot-clé dans le nom légal de l’entreprise. Là, c’est propre.

Le reste tient dans un mot, l’activité. Une fiche doit prouver qu’il y a une vraie société derrière. Des photos publiées régulièrement, des posts, des avis qui arrivent au fil de l’eau. Sur ce dernier point, sa formulation mérite d’être retenue : ce n’est pas le total d’avis qui vous fait passer devant, c’est la régularité avec laquelle vous en recevez.

Les avis restent lus, par Google et par les modèles qui consultent le web, parce que c’est ce que les gens cherchent. Il l’a vérifié de la manière la plus directe qui soit : l’artisan de l’Isère l’a contacté après avoir demandé à ChatGPT quel était le meilleur expert autour de chez lui, et c’est la lecture des avis de l’agence qui a fait la différence.

Le site miroir, la pièce la plus sous-estimée du SEO local

C’est son point le plus fort de l’échange et il l’appelle le site miroir : la fiche Google donne des informations, le site doit permettre de les vérifier. Même adresse, mêmes services, mêmes prix, même identité. Google comme les modèles viennent recouper, et la cohérence entre les deux est ce qui fait tenir l’ensemble.

Il reconnaît sans détour que certains rankent encore avec une fiche seule et un lien vers un Facebook, qu’il en voit tous les jours et que le classement local garde sa part d’inexpliqué. Mais sur ses dossiers, la combinaison fiche bien remplie plus site aligné plus citations cohérentes plus autorité externe donne des résultats réguliers.

Pour lui, le site reste le levier le plus sous-estimé du local aujourd’hui. La plupart des entreprises locales le traitent comme une carte de visite qu’on met en ligne une fois et qu’on ne touche plus. C’est précisément là que se joue la différence.

Être la source ou être la mention : deux jeux différents

Il a posé de lui-même une distinction que la plupart des consultants confondent : on peut apparaître dans une réponse générative comme la réponse, ou comme la source. Ce ne sont pas les mêmes contenus, ni les mêmes bénéfices.

Être la source, ce sont les données propriétaires, les études, les classements, les contenus que d’autres viennent citer. Être la mention, c’est être recommandé dans la réponse, à la place ou aux côtés de vos concurrents. La bonne stratégie est de jouer sur les deux, et surtout de savoir laquelle des deux rapporte des clients dans votre cas.

Le classement en est l’exemple parfait. Sur son propre site, il a construit des pages agence plus ville qui contiennent un classement, et elles ressortent très bien. La vraie question qu’il s’est posée en direct : pourquoi cette mécanique marcherait pour une agence SEO et pas pour un dératiseur ? Elle marche. Un site de niche qui publie une véritable étude comparative sur les artisans d’un secteur devient la source, que vous vous classiez premier ou dernier.

Ma méthode commence d’ailleurs par l’étape que tout le monde saute, la cartographie. Avant de produire quoi que ce soit, il faut savoir où vous êtes mentionné, où vous ne l’êtes pas, qui est cité à votre place et quelle source alimente cette citation. Concrètement : vous listez vingt à trente requêtes liées à votre activité et à votre zone, vous les posez plusieurs fois dans ChatGPT, Gemini, Grok et le Mode IA, et vous relevez les réponses et les sources. Plusieurs fois, parce qu’une requête identique ne donne pas la même réponse deux fois de suite, et parce que votre propre navigateur vous ment. Le reste de la démarche est détaillé dans le Passeport vers la citation.

Vient ensuite l’alignement. Si vous êtes consultant SEO sur votre site, consultant en intelligence artificielle sur Facebook et formateur en automatisation sur LinkedIn, vous n’êtes aligné nulle part. Dites la même chose partout, sur les annuaires, dans les citations, jusque dans les vieux backlinks que vous aviez oubliés.

Pages ville, ancrage local et zones où l’on ne réside pas

Le cas classique du local : être visible dans une ville où l’on n’a pas d’adresse. Sa réponse est celle du terrain, une page réellement ciblée sur la localité, avec la bonne information et, pourquoi pas, un classement des meilleurs professionnels du coin.

Il ajoute une technique que je trouve sous-utilisée, l’ancrage par les points d’intérêt : intégrer dans la page service des données locales communes, celles qui rassurent et qui prouvent que vous connaissez le secteur. Ses pages agence plus ville sont organisées comme un annuaire, régions, départements, villes, le tout maillé en cocon. La technique est ancienne, elle fonctionne toujours, et elle coûte aujourd’hui bien moins de temps qu’avant.

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Les résultats parlent : il ressort dans les Aperçus IA sur des villes où il n’a aucune fiche Google, et il reçoit des demandes d’Albi, de Biarritz, de Pau et de Toulouse alors qu’il travaille au sud de Lyon. Depuis la mise en place de ces pages juste avant l’été, il compte entre deux et quatre demandes qualifiées par semaine venues de son propre site.

De mon côté, la démonstration a la même forme. Je suis premier depuis des mois sur consultant SEO à Villeurbanne alors que ma fiche est à Bordeaux, uniquement par le contenu. Et sur Bayonne, une page rédigée un soir de live était dans le top 3 le lendemain sur l’ensemble des datacenters. Ce qui compte davantage : quand la citation vient d’une IA, la conversion n’a rien à voir. Nous avons fait le même constat chacun de notre côté, les gens arrivent en disant qu’ils vous ont vu dans ChatGPT, et la vente est déjà à moitié faite.

Annuaires, cohérence NAP et travail rendu au client

Les annuaires ne sont pas morts. Pages Jaunes, Yelp et les grandes plateformes d’avis restent des sources de mentions et d’autorité, et surtout des points de cohérence. Son agence vise une vingtaine à une trentaine d’annuaires, à la virgule près, sans chercher le zèle.

La cohérence NAP, pour nom, adresse et téléphone, est le même sujet que l’alignement dont je parlais plus haut, appliqué aux données de contact. Un professionnel qui est freelance SEO ici, freelance IA là et rédacteur ailleurs envoie un signal brouillé.

Un détail de méthode que j’ai trouvé sain : son agence scrape les principaux annuaires, produit un dossier complet pour le client, où il est présent, où c’est mal rempli, où il manque, puis laisse le client faire les inscriptions lui-même. La raison est honnête : il n’engage pas les gens sur quatre ans, donc il veut qu’ils gardent la main sur leurs propres citations. C’est le premier livrable envoyé à chaque démarrage.

Pages chantier plutôt qu’articles de blog

Il ne vend pas d’articles de blog à ses clients locaux, et son argument est imparable. Un plombier n’a rien à gagner à publier un tutoriel sur le changement d’un joint de robinet : il devient peut-être la source d’une réponse, mais il ne récupère aucun client. Son travail, c’est de réparer des robinets, pas de faire des tutos.

Ce qu’il faut produire à la place, ce sont des pages chantier, autrement dit des études de cas. Notre rénovation d’appartement à Villeurbanne aura toujours plus d’effet que les étapes d’une rénovation d’appartement. C’est local, c’est daté, c’est une preuve.

Nous avons fini par la même recommandation, énoncée à deux voix, et c’est probablement le conseil le plus actionnable de l’heure. Faites votre portfolio en détail. Ne vous contentez pas de photos : expliquez ce que vous avez fait, les techniques employées, la marque du matériel posé, le temps passé, le prix du chantier. Maximum d’informations. C’est de l’E-E-A-T, c’est de la donnée exploitable par un modèle, et c’est surtout ce qui convainc le client suivant.

Sur les prix, justement, la messe est dite. Alexandre les affiche sur son site et il est cité sur des recherches de tarifs d’agences SEO locales, y compris dans des villes, à partir d’une page qui n’a rien de géolocalisée. Les entreprises locales qui refusent encore d’afficher un ordre de grandeur vont devoir s’y mettre.

Données structurées : utiles, mais pas magiques

Sa position a évolué et il l’assume. Il a longtemps été bon élève sur les schémas, en pensant que ça aidait au classement. Il constate aujourd’hui que des sites sans données structurées performent très bien, et il est donc moins obsédé qu’avant.

Ce qu’il continue de faire, parce que ça ne coûte rien : poser les balisages pour les résultats enrichis et le taux de clic, et surtout maintenir le lien entre le site et la fiche Google, notamment par un sameAs pointant vers l’établissement. Sur les pages service et les pages agence, ce lien-là garde du sens.

Mon avis diverge légèrement sur le poids à leur accorder pour la citation par les IA, j’en pose partout et je les considère comme un facilitateur d’extraction, en particulier le balisage de l’auteur. Nous étions en revanche parfaitement d’accord sur la conclusion : le meilleur site du monde, avec les meilleures données structurées, ne suffit pas si rien n’existe autour. Les signaux externes pèsent désormais autant que la qualité du site. Le détail technique est dans ma page sur les données structurées pour les IA.

Et le local en 2030 ?

J’ai posé sur la table une prévision qui l’a visiblement secoué : je pense que le site internet passera au second plan d’ici 2030. Pas qu’il disparaîtra, il en restera toujours, mais l’essentiel du travail consistera à remplir des bases de connaissances pour les modèles, le site devenant un portfolio et une carte de visite.

Ce n’est pas une intuition en l’air. J’ai été bêta-testeur des présentations visuelles de Gemini. Vous demandez un professionnel, l’interface vous sort trois fiches sous forme de cartes, vous en choisissez une, et le contenu se construit devant vous sans jamais vous envoyer vers le site. Pour un de mes clients dans la rénovation à Bordeaux, l’outil est allé jusqu’à générer un formulaire de qualification, type de travaux, budget, puis à filtrer les résultats en interne. Regardez aussi du côté de Google Disco, déjà en service, qui construit une application à la volée pour répondre à une recherche. Si vous n’êtes pas dans la réponse, vous ne serez jamais dans ce comparatif.

J’ai raconté un test que je n’ai pas encore réussi à boucler, sinon je l’aurais publié. J’ai créé une chaîne YouTube sans rapport avec le SEO, publié une vidéo dans laquelle je prononce un mot inventé, sans jamais l’écrire nulle part, ni dans le titre ni ailleurs, en travaillant uniquement la transcription. Ce mot est ressorti dans les présentations visuelles. La parole devient une source indexable.

Sa réaction m’a fait sourire : une demi-heure plus tôt, il expliquait que le site était central dans sa stratégie. Il a répondu qu’il allait devoir digérer l’information. Ce qui ne changera pas, nous étions d’accord : il faudra toujours montrer ce qu’on sait faire, et il restera toujours une histoire de marque. La question que je pose à tout le monde reste la meilleure : si demain il n’y a plus ChatGPT, plus Gemini, plus rien de tout ça, il reste quoi de vous ?

Ce que j’en retiens pour une entreprise locale

Le SEO local n’a pas encore été bouleversé par les Aperçus IA autant que le reste du web. Sur les requêtes service plus ville, le pack local classique tient toujours, ce qui laisse une fenêtre. Elle ne restera pas ouverte éternellement.

Trois choses à faire pendant qu’elle l’est. Remplissez complètement votre fiche Google et rendez-la vivante, avec des photos et des avis qui arrivent régulièrement plutôt qu’une vague de vingt avis en un mois. Alignez votre site sur cette fiche, à la virgule près, puis élargissez avec des pages ville et des pages chantier détaillées, prix compris. Et allez chercher des mentions autour de chez vous, dans votre tissu local, plutôt que des liens génériques achetés à l’autre bout du pays.

Si vous voulez creuser de mon côté, la page sur le SEO local détaille la méthode côté prestation, le GEO local traite précisément de la citation d’une entreprise de proximité par les moteurs génératifs, et la page sur le GEO pose les définitions. Sur le débat du mot lui-même, nous étions alignés : le terme GEO reste du marketing, la réalité derrière reste du SEO, et il faut quand même employer le mot parce que le marché l’a adopté.

Le podcast, et pourquoi ces échanges valent une heure

C’était le premier live d’Alexandre Théron, et je trouve que ça ne s’est pas entendu. Ce format est ce que je fais depuis le début : du direct, avec les questions du chat qui tombent en cours de route et des réponses qu’on n’a pas préparées. On y apprend des choses qu’aucun article ne donne, y compris quand l’invité reconnaît en direct qu’il n’a pas la réponse.

Les épisodes précédents sont dans le même esprit : Bilkher Diakhaté sur le fait de vivre libre grâce au SEO, Nelly Kempf sur la marque citée par les IA, Sarah El Gharbi sur les moteurs de réponse et Elliott Bobiet sur les coulisses du SEO & GEO Summit. Les prochains sont annoncés sur la page des lives, et les replays sont regroupés dans mes vidéos.

Merci à Alexandre d’avoir accepté d’ouvrir le bal de ses podcasts ici. Vous le retrouverez sur sa chaîne YouTube, sur LinkedIn, et sur le site de son agence SEO local, SEO Supernova. Il repart avec mon livre à lire, je repars avec une méthode locale à tester sur mes propres pages ville.

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