Bilkher Diakhaté : être libre grâce au SEO
SEO GEO Invités

J’ai reçu Bilkher Diakhaté : être libre grâce au SEO

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J’ai reçu Bilkher Diakhaté : être libre grâce au SEO

Bilkher Diakhaté fait du SEO depuis 2013. Il dirige une agence, il forme des freelances, il a écrit un livre qui s’appelle « Prospère et Libre grâce au SEO » et il tient une chaîne YouTube où il invite à peu près tout le métier. Je l’ai reçu une heure pour parler de GEO, de netlinking, de marque personnelle et de la seule chose qui l’intéresse vraiment derrière tout ça : apprendre une compétence demandée pour choisir sa vie.

Le live complet est juste en dessous. En dessous encore, ce que j’en retiens, avec les passages qui méritent votre heure.

Qui est Bilkher Diakhaté

Bilkher Diakhaté est consultant SEO depuis 2013, fondateur du programme de formation SEO Pareto et dirigeant de l’agence Organic Pareto. Né à Dakar, arrivé en France enfant, il a passé son bac en 2008 avec une idée déjà très arrêtée : trouver un métier qui rende libre de son temps et de son lieu de vie.

Le chemin a été classique dans sa première moitié. Un DUT dans la communication, des premiers blogs monétisés avec AdSense en 2011, un diplôme en 2014, puis quatre années en agence parisienne à faire ses armes sur de gros dossiers. La bascule arrive en 2018, quand il se met à son compte.

C’est là qu’il découvre ce que personne ne lui avait dit, et il le raconte sans enjoliver : sur une semaine de cinq jours, l’expertise SEO occupe une fraction du temps. Le reste part dans la prospection, la facturation, les relances, les refus, la communication, et la gestion de soi-même. Être consultant SEO et être consultant SEO freelance, ce sont deux métiers différents qui partagent deux mots. Cette expérience a coûté cher, elle a donné naissance à son programme d’accompagnement.

Aujourd’hui, il structure son activité en trois pôles assumés. Un pôle média, avec la chaîne YouTube et la présence LinkedIn, sponsorisé, donc rémunéré pour communiquer. Un pôle consulting avec Organic Pareto, qui accompagne des start-up en phase de scale et des PME, avec un parti pris de proximité plutôt que de volume. Un pôle formation avec SEO Pareto. Il intervient aussi en conférence, et il a écrit un livre. Nous y reviendrons, parce que le livre n’est pas un produit dans sa stratégie, c’est une preuve.

Le GEO n’existe pas pour les experts, il existe pour le marché

Je répète depuis des mois que le terme GEO est une invention marketing, et j’ai commencé l’échange par là. Nous, le SEO, sommes assez bons en marketing pour avoir réussi à rebaptiser un métier fatigué et à vendre du génératif là où il n’y a que du search. Techniquement, un bon GEO reste un bon SEO bien exécuté, et tous ceux qui font ce métier le savent.

Bilkher est d’accord sur le fond, et il ajoute la nuance qui manquait à ma vidéo. Il y a le métier, et il y a le marché. Les conversations d’experts à experts sont techniques, précises, et parfaitement inutiles au moment de signer. Le client paye, pas le confrère.

Sa position tient en une phrase que je trouve juste : si le marché a décidé qu’il existe un truc qui s’appelle le GEO et qu’il en veut, allez-y, parlez son langage, puis ramenez-le au vôtre. Refuser le mot revient à dire à un prospect qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Il ira le demander à quelqu’un d’autre. Une consultante que j’avais reçue avant lui avait d’ailleurs perdu un lead exactement comme ça, pour avoir eu raison au mauvais moment.

Il complète avec une observation de terrain que je partage : quelque chose a bel et bien changé depuis l’arrivée des réponses génératives. Le travail on-site reste la base, mais certains signaux pèsent aujourd’hui beaucoup plus lourd qu’avant pour être cité par un modèle. Un contenu validé et repris par des médias tiers de confiance vaut plus qu’une architecture parfaite dont personne ne parle. Le branding aussi, et là il enfonce le clou : la majorité des SEO français sont mauvais en marque. On sait faire de la technique dans son coin, on sait rarement construire une histoire, des valeurs, une identité qui tienne debout.

Le biais d’association, sa méthode pour exister quand personne ne vous connaît

Bilkher a commencé YouTube en 2020, puis s’y est mis sérieusement en juillet 2023. Trois ans, donc. Son problème de départ est celui de tout le monde : avoir des choses à dire et n’avoir aucune audience pour les entendre.

Sa réponse a un nom, le biais d’association. Sur ses quarante premiers épisodes, il a invité les plus grosses figures du métier qu’il pouvait atteindre, en leur demandant systématiquement de relayer si le contenu leur paraissait bon pour leur communauté. Le raisonnement est mécanique : l’audience d’une figure établie accorde par transfert une part de crédit à celui qui l’interviewe.

Le conseil vaut pour n’importe qui veut lancer un média aujourd’hui, et il a l’honnêteté de dire que c’est de la psychologie appliquée, pas du talent. La deuxième moitié de la méthode compte autant : répéter. Il l’a formulé simplement, la réussite est dans la répétition.

Le même mécanisme a servi pour son livre. Il l’a envoyé à toutes les personnes rencontrées en podcast, avec une dédicace et un mot glissé à l’intérieur. Résultat, des relais spontanés, dont un live de deux heures pendant lequel un des noms les plus tranchants du SEO français a disséqué le bouquin page à page devant sa communauté avant de conclure que c’était un bon livre. Il raconte avoir été en sueur pendant l’exercice. C’est très exactement le mécanisme dont nous parlions dix minutes plus tôt à propos des citations par les IA, appliqué à des humains.

Le netlinking ne meurt pas, il devient un marché de citations

Le netlinking a longtemps été pour lui la dernière roue du carrosse : on s’en occupe quand tout le reste est propre. C’est aussi ma logique depuis toujours, travailler l’on-site à fond et laisser Google comprendre.

Sa position a bougé, et pas à la marge. Les plateformes de netlinking commencent déjà à vendre des articles de citation plutôt que des articles de lien. Selon lui, ces agences deviendront à terme des agences de branding et de relations presse. La valeur ne se déplace pas vers le lien, elle se déplace vers la mention : montrer que d’autres vous recommandent.

Il a donné un cas client concret, sans le nommer. Un site dont le trafic monte, un travail SEO propre depuis des années, et pourtant aucune remontée dans les réponses génératives sur les sujets liés à ses produits. En creusant, une seule cause : aucun autre site ne parle de la marque. La page dit ce qu’il faut, rien ne le corrobore. Le modèle passe son chemin.

Nous nous sommes trouvés dans la même situation, ce qui est assez drôle vu le sujet du live. Juste avant d’enregistrer, il avait demandé à Gemini de citer les youtubeurs SEO francophones de référence. Ni lui ni moi n’étions dans la réponse. Le diagnostic est le même pour nous deux : nous produisons énormément de contenu, mais nous restons dans notre propre cercle. Il estime avoir une vingtaine de sites externes qui parlent de lui. C’est peu, et il le sait.

D’où l’intérêt de ce que vous êtes en train de lire. Je transcris chaque live, j’en fais un article travaillé, et l’invité récupère une mention plus un lien depuis un site tiers. Il repart avec quelque chose, je repars avec quelque chose. C’est la mécanique exacte que je détaille dans ma méthode du Passeport vers la citation, et c’est aussi comme ça qu’un précédent article s’est retrouvé cité dans un Aperçu IA de Google.

Le livre, la crédibilité et le vrai sens du mot prospérer

« Prospère et Libre grâce au SEO » n’est pas un manuel technique et son auteur le revendique. Il l’a écrit à trente-trois ans, au départ pour lui-même, comme un bilan. Le déracinement, le Sénégal quitté enfant, le racisme, le parcours scolaire, le lancement à son compte alors que tout le monde le lui déconseillait, les hauts et les bas. En écrivant, il s’est aperçu que l’histoire tenait debout et il l’a structurée en deux moitiés : son parcours d’un côté, les bases du SEO de l’autre.

Il a reçu des critiques et il en parle sans détour. Le reproche récurrent, un livre qui ne servirait à rien techniquement. Ce n’était pas le but. Il n’a jamais eu l’intention d’aller concurrencer les ouvrages de référence du métier. Le but était de montrer comment une compétence accessible, qui n’a rien d’un doctorat, lui a permis de vivre la vie qu’il voulait.

Sa définition de la prospérité mérite d’être citée telle quelle, parce qu’elle va à contre-courant de tout ce qu’on lit sur LinkedIn : ce n’est pas un montant. Il ne flexe pas de chiffre d’affaires, il connaît des gens qui font des millions et qui sont malheureux. Être indépendant, gagner ce dont on a besoin, choisir ses clients, prendre du plaisir quand on prend la parole. Voilà ce qu’il appelle prospérer libre.

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Sur la stratégie, nous sommes arrivés à la même conclusion chacun de notre côté. Un livre ne se vend pas pour ses droits d’auteur, il se vend pour ce qu’il installe. Il donne une légitimité qu’aucun post ne donne. J’ai écrit le mien après avoir vu le sien, et je l’assume très bien.

SEO Pareto : maîtriser le métier ne suffit pas

SEO Pareto est un programme d’accompagnement destiné aux personnes en reconversion, aux salariés qui veulent basculer et aux consultants qui veulent devenir freelances. Le format est volontairement resserré : des promotions de douze à seize personnes, un accompagnement quotidien, quatre semaines de formation condensée, la prochaine cohorte ouvrant le 21 septembre.

Le contenu n’est pas ce qu’on attend. Il y a du SEO, évidemment, mais l’essentiel porte sur ce que personne n’apprend : le leadership, la posture face à un client, la façon de mener un rendez-vous sans se faire découper, la construction d’un revenu récurrent, et la gestion du syndrome de l’imposteur. Il chiffre à environ cent mille euros ce que lui ont coûté ses propres formations en leadership, en communication et en gestion pour arriver là.

La promesse est très concrète et il l’énonce sans emballage : dans les six mois, les gens accompagnés remboursent leur investissement et construisent une activité qui tourne. Il cite deux exemples, une consultante qui ne communiquait absolument pas et qui a monté une activité lui permettant de s’expatrier là où elle voulait, une autre qui organise désormais son travail autour de la moitié de son temps passée en randonnée.

Le point de fond, celui qui nous a mis d’accord tout de suite : avoir les compétences ne suffit pas, il faut avoir les compétences que le marché veut, et savoir écouter le client assez finement pour lui parler dans ses mots. C’est le même raisonnement que sur le GEO, appliqué à une carrière. Si vous vous posez la question du statut, la page sur le métier de consultant SEO freelance pose les bases côté prestation.

L’IA est un assistant, jamais le pilote

Nous utilisons l’IA tous les deux, tous les jours, sans complexe. Lui ne passe plus une journée sans travailler avec Claude ou ChatGPT. Je fais pareil, et je vais plus loin puisque je livre désormais des sites entiers construits de cette façon pour mes clients, en HTML, CSS et PHP, plus faciles à maintenir qu’un WordPress à mettre à jour tous les quinze jours.

Sa règle est nette : ces outils sont des assistants, et il faut les laisser à cette place. Le lead reste humain. Quoi faire, comment le faire, la direction générale d’une création, tout cela ne se délègue pas. Sortir quelque chose entièrement produit par la machine se voit, et ce qui se perd à ce moment-là est la confiance des futurs clients.

Il a poussé le raisonnement sur un terrain qui dépasse notre métier. Une personne qui part de zéro et qui délègue tout à un modèle ne se plante pas seulement, elle se met en danger, faute d’avoir le recul nécessaire pour évaluer la réponse qu’on lui donne. Il a pris l’exemple d’une détresse psychologique confiée à un chatbot plutôt qu’à un professionnel. L’argument tient parce qu’il vaut partout : sans niveau de référence, on ne peut pas juger un résultat.

Sa conviction sur la suite est celle que je partage. Peu importe la puissance du prochain modèle, il restera une constante, l’humanité. L’empathie, les micro-expressions, la capacité à comprendre ce qui n’est pas dit. La valeur ajoutée de demain se trouvera là où l’on met le plus d’humain, pas là où on en met le moins. La formule que je répète : humain assisté par l’IA, jamais l’inverse.

Le mur invisible et le procès des affiches ChatGPT

Le mur invisible est le sujet de mon prochain livre : ce moment où quelqu’un, convaincu par l’IA de pouvoir tout faire seul, fonce à pleine vitesse vers un obstacle qu’il ne voit pas. Plus besoin d’un psy, plus besoin d’un SEO, plus besoin de personne. Sa réponse a été directe : on ne peut pas argumenter contre une conviction, laissez faire, et six mois plus tard la personne revient en disant qu’elle s’est plantée.

J’ai enchaîné sur ce qui me dérange bien plus. Une nouvelle habitude consiste à juger le travail d’un inconnu à partir d’un détail visuel. Un restaurateur affiche un menu généré à l’IA, et voilà une vidéo qui explique qu’il ne faut jamais manger là. On condamne la cuisine d’un homme sur la qualité d’une affiche. C’est absurde, et c’est en train de coûter des clients à des gens qui n’ont rien demandé.

Sa nuance était bonne : l’outil n’est pas en cause, l’usage l’est. On peut se servir de l’IA pour la direction générale d’un visuel, on peut s’en servir pour aller vite. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est publier une sortie brute. Le même soir où j’en avais assez d’entendre critiquer les sites faits à l’IA pendant mes lives d’analyse, j’ai refait mon site entièrement de cette façon, en une nuit, avec ma data, ma marque et ce que j’ai dans la tête. Ce qui fait la différence n’est jamais l’outil, c’est ce qu’on lui donne.

Ses outils, et pourquoi il travaille de moins en moins dans les interfaces

Bilkher travaille de moins en moins directement dans les interfaces des outils SEO, et de plus en plus avec leurs API branchées sur ses propres IA. La stack est courte et assumée : l’API de SE Ranking pour la donnée de positionnement, un outil français de suivi mis en test depuis deux mois, la Search Console comme socle, et une solution d’attribution qui reconstitue le parcours entre la découverte et la conversion pour calculer le chiffre d’affaires réellement généré par le SEO chez ses clients.

Ce dernier point est le plus intéressant. Mesurer le chiffre d’affaires plutôt que les sessions change la conversation avec un dirigeant. C’est aussi la meilleure protection quand le trafic informationnel se fait absorber par les réponses génératives.

Ce que j’en retiens

Deux parcours différents, la même conclusion sur l’essentiel. Le métier technique reste le socle, mais il ne suffit plus à faire vivre une activité, et il ne suffit surtout plus à se faire citer. Ce qui compte désormais tient dans trois choses : une marque lisible, des tiers qui parlent de vous, et une capacité à écouter le marché sans lui donner de leçons.

Trois actions concrètes si vous ne deviez retenir que ça de cette heure. Arrêtez de vous battre sur le vocabulaire avec vos prospects, prenez leurs mots et ramenez-les vers votre méthode. Comptez combien de sites indépendants mentionnent votre marque, et si le compte est ridicule, faites-en votre chantier du trimestre. Et gardez le pilotage : l’IA rédige, calcule, accélère, elle ne décide pas.

Pour aller plus loin de mon côté, la page sur le GEO pose les définitions, l’étude sur le query fan-out explique comment un modèle décompose une question avant de choisir qui citer, et l’audit GEO mesure où vous en êtes réellement dans ChatGPT, Gemini et Perplexity.

Vous retrouverez Bilkher Diakhaté sur bilkher.com, sur sa chaîne YouTube et sur LinkedIn où il publie le plus. Son livre « Prospère et Libre grâce au SEO » est présenté ici, et les candidatures pour la prochaine promotion de SEO Pareto sont ouvertes. Nous serons tous les deux au SEO Summit, où il présentera un an de monitoring GEO sur ses clients, avec les chiffres.

Merci à lui d’avoir joué le jeu pendant une heure. Les épisodes précédents sont là si vous voulez continuer : Nelly Kempf sur la marque citée par les IA, Sarah El Gharbi sur les moteurs de réponse et Elliott Bobiet sur les coulisses du SEO & GEO Summit.

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