Tout le monde me parlait de lui depuis des mois. Paul Vengeons est consultant SEO, installé à Lille, et cofondateur de ChatSEO, un outil qui joue le rôle d’un consultant SEO piloté par IA. Il a arrêté ses prestations client du jour au lendemain pour s’y consacrer entièrement, et il ne s’est versé aucun salaire depuis un an.
On a passé une heure vingt ensemble à parler de ce qui marche vraiment aujourd’hui : être cité par l’IA, le terme GEO et ce qu’il cache, les modèles qu’il utilise pour piloter son travail, le netlinking qui s’essouffle au profit de la citation, et YouTube comme meilleur multiplicateur de visibilité du moment. Voici ce qu’il faut en retenir, section par section. La vidéo complète est juste en dessous.
Qui est Paul Vengeons
Paul Vengeons est consultant SEO et cofondateur de ChatSEO, un assistant SEO propulsé par intelligence artificielle. Je l’avais classé sixième de mon classement des consultants SEO et GEO français, et rien dans cet épisode ne m’a fait changer d’avis.
Son parcours tient en quelques dates. En 2020, étudiant, il lance un blog parce qu’il a envie d’écrire. Le site ne décolle pas, faute de la moindre base en référencement. Le confinement lui laisse du temps libre, un ami lui apprend qu’on peut être payé pour écrire des articles, et il devient rédacteur web. Il teste ensuite le copywriting, quelques autres services, puis retient le SEO pour trois raisons qu’il énonce sans détour : la compétence est rare, elle est recherchée par les entreprises, et elle est récurrente. Un travail qui revient tous les mois vaut mieux qu’une mission ponctuelle.
Suit une alternance d’un an et demi dans une agence SEO parisienne, la partie la moins visible de son parcours et sans doute la plus formatrice : audits techniques, encadrement par des profils confirmés, méthodes de terrain. Il se lance ensuite en freelance et travaille ses réseaux sociaux, ce qui lui construit une machine d’acquisition. Aujourd’hui, il ne fait plus aucune prestation.
Pourquoi il a arrêté les prestations SEO alors que ça marchait
Il a arrêté parce que deux heures passées sur son produit valaient plus que deux heures facturées à un client. Le raisonnement mérite d’être suivi jusqu’au bout, parce qu’il vaut pour n’importe quel consultant qui hésite à construire quelque chose à lui.
Au moment de lancer ChatSEO, il ne lui restait plus qu’un seul client, dans le secteur du CBD. Un bon client : payeur, sympathique, avec du challenge. Il pensait le garder pour garder les mains dans le cambouis. Puis il s’est surpris à voir ce dossier comme la tâche la moins excitante de sa semaine. Deux heures de briefs de contenu contre deux heures sur son propre outil, l’arbitrage s’est fait tout seul.
Il pose lui-même la condition qui rend ce choix possible, et c’est la partie que les récits d’entrepreneurs oublient toujours : il avait de l’argent de côté. À court de trésorerie, il n’aurait pas raisonné comme ça. Depuis un an, il ne se verse aucun salaire, et il l’assume parce que les parts qu’il détient dans le projet valent, selon lui, bien davantage que n’importe quelle fiche de paie qu’il pourrait s’éditer.
Le changement d’état d’esprit est réel. En freelance, vous regardez ce qui rentre chaque mois. Sur un produit, vous regardez ce qui se construit. Passer de l’un à l’autre fait bizarre au début.
Assisté par l’IA, pas assistant de l’IA
Paul Vengeons utilise l’IA sur son SEO depuis les toutes premières versions grand public de ChatGPT, mais sans outillage sophistiqué. Il est resté longtemps sur la version gratuite, avec une méthode simple : un template de prompt qui fonctionnait bien, recopié dans une nouvelle conversation à chaque fois pour contourner les pertes de mémoire du modèle.
Le résultat de cette époque donne la mesure de ce que fait un bon opérateur avec un outil médiocre. Une page SEO par jour, vingt minutes chrono, sur un site à lui. Pas parce que l’outil était puissant, mais parce qu’il savait déjà comment se construit une page qui se positionne.
Ce qui m’a le plus intéressé, c’est sa transparence avec ses clients. À l’époque où presque personne n’osait dire qu’il travaillait avec l’IA, ses livrables étaient des tableaux Google Sheets contenant des liens de conversations ChatGPT partagées. Ses clients voyaient donc la machine, mais ils voyaient aussi les allers-retours, les corrections, le travail de peaufinage derrière.
Sa formule est juste : tant que vous arrivez à montrer votre valeur perçue, vous ne vous sentez ni menacé ni obligé de cacher vos outils. Le client repart avec l’idée que Paul travaille avec l’IA, et que tout seul avec la même IA, il n’obtiendrait pas le même résultat. C’est exactement ma position, que je formule autrement : je suis assisté par l’IA, je ne suis pas l’assistant de l’IA.
Le GEO est-il un terme bullshit ?
Le GEO n’est pas une discipline nouvelle, c’est du SEO appliqué aux moteurs génératifs, et nous sommes tombés d’accord là-dessus en direct. Je le dis depuis un moment et je continue : le terme est marketing avant d’être technique. La création d’une marque, l’E-E-A-T, la couverture sémantique, tout ça existait bien avant l’arrivée des aperçus IA.
Paul a une anecdote de vocabulaire qui dit tout. Il aurait préféré qu’on dise « SEO LLM », parce qu’au moins le mot SEO reste dans l’expression et que personne ne peut se tromper sur la nature du travail. Il a perdu ce combat-là : c’est GEO qui s’est imposé, parce que c’est plus stylé. On l’utilise tous les deux, moi compris, y compris sur mes propres pages.
Le terme a quand même une utilité, et elle est commerciale : il permet à un directeur marketing de faire la différence entre son budget de référencement classique et son budget de visibilité dans les IA. Tant qu’il comprend à la fin que les deux sont la même matière, il n’y a pas de dégât. Sarah El Gharbi, que j’ai également reçue dans Le Carnet, a perdu un prospect pour avoir répondu honnêtement qu’il s’agissait de SEO traditionnel. Le prospect voulait « du GEO » et il est parti. Paul a eu le bon mot : ça lui aurait fait un client pénible.
Si vous voulez la position détaillée, je l’ai développée dans GEO ou SEO, ce qui change vraiment et dans ma définition du GEO.
Le 20/80 du GEO selon Paul Vengeons
Sa méthode tient en une phrase : identifier les requêtes GEO que les gens tapent réellement dans Google, puis faire du SEO traditionnel sur ces requêtes-là. Rien d’autre.
La nuance compte, parce que la plupart des prestations GEO vendues aujourd’hui font l’inverse. Elles partent de prompts imaginés, elles mesurent la présence de la marque dans la réponse de ChatGPT, et elles construisent une stratégie sur un volume de recherche qui n’existe nulle part. Paul revient là-dessus plus loin dans l’épisode, quand je lui demande s’il y a des arnaques dans le secteur.
La bonne façon de faire est moins spectaculaire. Vous prenez les requêtes qui déclenchent un aperçu IA et qui ont une vraie demande derrière, vous produisez le format de page que la SERP attend, et vous laissez le moteur génératif faire son travail de sélection. C’est le raisonnement que je décris dans l’étude sur le query fan-out : la machine éclate la question en sous-questions, et elle va chercher les pages qui répondent à chacune.
Le mur invisible : pourquoi les demandes ralentissent
Je lui ai demandé si la baisse de ses contrats venait de sa sélectivité ou d’un marché qui se contracte. Sa réponse honnête : les deux, et il n’y avait jamais vraiment réfléchi. Il refusait beaucoup de projets, il en redirigeait d’autres vers des confrères, et le filtre était déjà en place avant l’IA.
J’ai donné un nom à ce que je constate de mon côté : le mur invisible. Une entreprise, souvent petite, se dit qu’elle va y arriver seule. Elle code son site rapidement avec une IA, elle publie du contenu, elle attend. Trois à six mois plus tard, elle ne comprend pas pourquoi rien ne bouge alors qu’elle a Claude, Gemini et ChatGPT sous la main. Beaucoup finissent sous perfusion Google Ads, faute d’avoir compris où était le blocage.
Ce mur n’allonge pas seulement le cycle de vente, il change la nature de la demande. Les gens n’arrivent plus en disant « je ne sais pas faire », ils arrivent en disant « j’ai essayé et ça ne marche pas ». Le travail du consultant commence donc plus tard, sur un site déjà construit, souvent mal.
Claude ou ChatGPT pour piloter son SEO
Paul Vengeons a longtemps travaillé exclusivement avec Claude, et il est passé à ChatGPT récemment, avec une déception assumée. Le détail est intéressant pour quiconque choisit son abonnement en ce moment.
Claude était aussi un angle marketing pour lui : faire son SEO avec Claude pendant que tout le monde était sur Claude, ça donne du contenu qui trouve son public. Sur le fond, il utilisait surtout Opus, qu’il trouvait très fin sur ses process internes. Il s’est construit un tableau de bord personnel, une sorte de système d’exploitation qui pilote tout son travail, avec des raccourcis qu’il ajoute au fil de ses agacements. Dernier ajout en date : voir les fichiers modifiés dans chaque conversation, pour valider ou refuser une pull request sur ChatSEO sans passer par un éditeur de code.
Depuis son passage à ChatGPT, il a l’impression que le modèle suit moins bien ses instructions. Les modèles haut de gamme des deux maisons consomment les crédits à toute vitesse, donc il les réserve aux tâches précises. Sa consolation : pour les sujets non techniques, la psychologie, tout ce qui sort du rationnel pur, il trouve ChatGPT nettement plus à l’aise.
Mon explication, que Renaud Dékode m’a confirmée quand je l’ai reçu pour un épisode sur la mort annoncée du SEO : les versions récentes de Claude n’exécutent plus mécaniquement l’instruction reçue comme le faisaient les précédentes. Le modèle va chercher dans sa mémoire et arbitre. Quand vos prompts étaient très préparés, vous perdez la répétition parfaite à laquelle vous étiez habitué.
Les modèles chinois valent-ils le coup pour le SEO ?
Les modèles chinois sont très intéressants à l’usage par API, où leur coût est sans commune mesure, et sans intérêt si vous êtes déjà sur un abonnement Claude ou ChatGPT. C’est le calcul que Paul a fait, et il le résume mieux que n’importe quel comparatif.
Si votre produit tape dans de l’API pour fonctionner, basculer vers un modèle comme DeepSeek ou GLM change l’équation économique. Il parle de révolution, et pour une entreprise qui paie ses appels au million de jetons, le mot n’est pas exagéré. Le frein qu’il a rencontré : ces éditeurs ne proposent pas l’équivalent des abonnements forfaitaires de Claude ou ChatGPT, qui restent beaucoup moins chers que l’API pour un usage individuel.
Sa conclusion tient en une ligne de tableur : si vous êtes en API, faites le calcul, vous avez probablement intérêt à changer. Si vous êtes en abonnement, faites-le aussi, mais vous resterez sans doute où vous êtes. De mon côté, je paie l’abonnement Claude au niveau maximum et je ne compte pas, parce que la vitesse de développement vaut plus que l’économie.
Ce que fait ChatSEO, et ce qu’il ne fait pas encore
ChatSEO se présente comme un expert SEO IA qui travaille pour vous comme un consultant : vous lui parlez, il vous dit quoi faire, il suit des méthodes de consultant, il accède aux bonnes données et il peut implémenter les actions à votre place. La promesse est claire et le produit devient de plus en plus proactif, jusqu’à modifier votre site et votre CMS.
Plutôt que de lister ce qu’il sait faire, Paul propose l’inverse, ce qui en dit long sur la couverture : il est plus rapide d’énumérer ce qui manque.
| Capacité | État |
|---|---|
| Recherche de mots-clés, stratégie SEO, analyse de SERP | Disponible |
| Analyse de concurrents, analyse de backlinks | Disponible |
| Création et optimisation de pages, publication dans le CMS | Disponible |
| Reporting hebdomadaire ou mensuel à partir des données connectées | Disponible |
| Audit technique appuyé sur un vrai crawler | En cours, aujourd’hui limité aux données Search Console |
| Commande de backlinks depuis une plateforme de netlinking | En cours, accord en discussion avec une plateforme française |
Sur la partie audit technique, sa remarque m’a paru la plus solide de tout le passage produit. Connecter un crawler ne suffit pas. Ce qui fera la différence, c’est de donner au modèle l’accès aux audits techniques qu’il a lui-même produits pendant des années, pour qu’il hérite d’une méthode plutôt que d’une checklist générique.
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Prendre RDV gratuitementLe produit fonctionne au crédit, un crédit valant un message envoyé. Les formules publiques démarrent à 29 euros par mois pour un site connecté, passent à 49 euros avec Google Analytics, l’accès API et MCP, et à 79 euros pour les agences multi-sites. Il m’a prévenu en direct, en précisant que ce n’était pas un argument commercial : les prix vont probablement augmenter, parce que les coûts d’infrastructure suivent la croissance. Vérifiez les tarifs officiels de ChatSEO, une grille bouge souvent. Il ajoute que la logique de crédit elle-même est amenée à évoluer, puisque l’outil fera bientôt beaucoup plus que répondre dans un chat.
Pourquoi un chatbot SEO ne se résume pas à brancher DataForSEO
N’importe qui peut construire un chatbot connecté à une base de données SEO, et cette copie ne produira pas les mêmes recommandations, parce que la valeur est dans le process interne, pas dans la connexion. Un commentaire pendant le live posait exactement cette question : pourquoi payer un outil quand on peut brancher Claude sur DataForSEO ?
La réponse de Paul est la meilleure démonstration que j’aie entendue sur le sujet. Un modèle sans instructions va chercher les bonnes pratiques SEO qu’on trouve facilement sur internet. Ce sont rarement les méthodes de terrain qui rapportent des résultats. Ce qui sépare les deux, ce sont des années de SERP observées, de tests, d’erreurs, et une méthode forgée par l’expérience.
Il pousse l’honnêteté jusqu’à dire que ses vidéos YouTube permettent déjà de se fabriquer une mini-version de son outil. Moins bonne que la sienne, mais infiniment meilleure qu’un modèle nu à qui on demande plus de trafic. Je suis d’accord sur toute la ligne, et je le dis de la même façon à propos de mon propre outil : la partie technique se refait en une soirée, ce qui ne se refait pas, c’est ce qu’il y a dans la tête du consultant.
Il souligne aussi le paradoxe : ils vendent un logiciel et ils paient une pile d’autres logiciels tous les mois. Coder soi-même tous les outils de la terre, c’est mettre son énergie au mauvais endroit. Il ne réécrira pas une plateforme d’emailing depuis zéro.
Par où commencer quand on débute dans un outil SEO IA
Le premier prompt utile est « fais ma stratégie SEO », et il suffit, y compris formulé n’importe comment. Paul a fait le test en public avec un message volontairement familier, du genre « je veux faire plus de thunes sur mon site », et l’outil a suivi son process de consultant sans broncher.
Derrière, l’enchaînement est celui d’un vrai consultant, et vous pouvez le reproduire même sans outil :
- Identifier les types de mots-clés à cibler, pas encore la liste complète. Sur son propre site, ça donne les requêtes consultant SEO plus ville, agence SEO plus ville, agence SEO plus CMS, freelance SEO, et le champ autour de l’audit SEO.
- Prendre un type, puis un mot-clé à la fois.
- Décider s’il faut créer une nouvelle page ou optimiser une page existante. La question se tranche en regardant ce que le site couvre déjà.
- Regarder la SERP pour identifier le format attendu : comparatif, page de service, outil, article.
- Produire ce format, puis passer au mot-clé suivant.
- Travailler l’autorité en parallèle, sans attendre d’avoir fini les pages.
Le piège d’un outil conversationnel, il le connaît bien : la page blanche. Un débutant ne sait pas quoi demander. Leur réponse tient en deux mécaniques : trois propositions affichées sous chaque réponse, et bientôt des notifications proactives du type « j’ai repéré ça, est-ce que je le corrige ». Leur cible assumée, ce sont les débutants et les intermédiaires, ce qui les pousse à rendre invisibles les travaux complexes comme l’audit de marque, réalisés en arrière-plan et simplement annoncés au moment de l’inscription.
La méthode des templates de mots-clés, et pourquoi je ne la suis pas jusqu’au bout
Paul travaille par patterns de mots-clés : une page parfaite sur « consultant SEO Paris », puis la même trame déclinée sur Lille, Marseille et les autres. C’est sa stratégie assumée, et elle explique qu’il utilise assez peu son propre outil sur son propre site.
La logique se défend. Quand chaque mot-clé ressemble au précédent, l’analyse de SERP est déjà faite, et dépenser des crédits pour la refaire n’a aucun sens. Il précise lui-même que s’il ciblait des requêtes toutes différentes, une définition SEO un jour, un audit le lendemain, une agence SEO WordPress ensuite, il utiliserait ChatSEO en permanence, parce qu’il faudrait examiner la SERP à chaque fois.
C’est là que nos pratiques divergent, et je l’assume. Décliner une trame de ville en ville produit du contenu dupliqué dès que la seule variable est le nom de la ville. Je travaille mes propres pages de consultant SEO par ville avec des données locales différentes, des études de cas différentes et des angles différents, parce qu’une page interchangeable finit par être traitée comme telle. Ses positions prouvent que sa méthode fonctionne aujourd’hui, et je ne vais pas prétendre le contraire. Je parie simplement qu’elle s’usera plus vite que la mienne.
Netlinking : le lien s’essouffle, la citation prend le relais
Les backlinks ont perdu de leur puissance ces dernières années, et la citation de marque est ce qui monte à la place. Nous sommes arrivés à la même conclusion par deux chemins différents, ce qui m’a fait plaisir parce que je m’attendais à une divergence.
Son raisonnement part d’une question que tout référenceur devrait se poser : à la place de Google, que feriez-vous pour distinguer les vraies marques de celles qui manipulent le classement ? Sa réponse : accorder plus de poids aux citations qu’aux liens proprement dits, y compris les citations de marque dans des vidéos YouTube, beaucoup plus difficiles à fabriquer. Et mettre à zéro les sites qui ne font que vendre des liens et dont la vocation est visible au premier coup d’œil.
Il pose une nuance que je trouve juste. Si l’efficacité moyenne du lien baisse mais que votre sélection s’améliore, votre efficacité personnelle peut rester stable, voire monter. Son critère d’achat : un lien posé sur une page qui se positionne et qui reçoit du trafic. Google accorde déjà du crédit à cette page, donc la probabilité que la puissance arrive vraiment est plus élevée.
De mon côté, je pense que les agences de backlinks deviendront des agences de relations presse. Depuis deux ans, chaque fois que je construis une stratégie de netlinking, je raisonne d’abord citation, ensuite lien. Il m’arrive de placer plus de valeur dans la mention elle-même que dans le lien qui l’accompagne. Linkuma a commencé à vendre des citations, et c’est un bon signal. Sur Linkavista, la plateforme de Léo, Paul apprécie une chose précise : l’affichage du trafic Search Console réel des sites vendeurs, là où un trafic estimé par un outil tiers se truque sans difficulté.
Si le sujet de la citation vous intéresse, j’ai écrit un livre entier dessus, Passeport vers la Citation, et j’en ai mis le contenu intégral en ligne gratuitement.
YouTube, le meilleur multiplicateur de visibilité en ce moment
Une vidéo YouTube bien titrée peut se positionner dans YouTube, se positionner dans Google et influencer la réponse de l’aperçu IA, avec un seul contenu. C’est l’exemple le plus concret de tout l’épisode, et il vient d’un cas qu’il a testé sur un concurrent américain.
Il a publié une vidéo d’avis sur Outrank, un gros logiciel SEO automatique américain. Résultat : première position sur YouTube France, présence dans Google, et influence sur la réponse générée par l’aperçu IA de Google. Il double ensuite la mise en publiant un short portant exactement le même titre, ce qui lui donne deux positions dans YouTube, deux dans Google, et potentiellement deux sources dans la même réponse d’IA.
Sa règle pour le référencement YouTube est brutale de simplicité : le titre fait presque tout. Comme la balise title en SEO classique, si le mot-clé y est, vous vous positionnez, s’il n’y est pas, vous ne vous positionnez pas. Ajoutez une bonne vidéo et une bonne miniature, et le travail est fait. La concurrence y est infiniment plus faible que dans Google.
Au-delà de la technique, son argument porte sur la relation. YouTube et le podcast créent une audience qui vous connaît vraiment. Sur TikTok, vous êtes un visage parmi cinq cents défilements, l’abonné oublie et ne revient pas. Le live est encore au-dessus, parce que quelqu’un vient toujours vous challenger et que la réponse en direct vaut tous les arguments de vente. Je le constate aussi : mes lives d’analyse de sites sont mon meilleur canal d’acquisition.
Y a-t-il des arnaques autour du GEO ?
Le marché du GEO manque de maturité plus qu’il n’est malhonnête, et le problème vient d’une absence de donnée fiable à la source. C’est la réponse de Paul, et elle est plus utile qu’une dénonciation.
Le point de départ : il n’existe pas de base de volumes de recherche pour les prompts, comme il en existe pour les requêtes Google. Sans cette base, aucun outil ne peut sortir de donnée solide. Pour mesurer votre présence dans les IA, les plateformes de suivi envoient donc des prompts et regardent si votre marque ressort. Sauf que personne ne sait si ces prompts sont réellement tapés par des humains. Les outils font le maximum avec ce qu’ils ont, et ce qu’ils ont ne suffit pas.
Il va jusqu’à dire que s’il devait créer un outil de suivi GEO aujourd’hui, il ferait pareil, faute de mieux, et que ça ne le satisferait pas. Sur les personnes qui s’autoproclament expertes, il reste philosophe : ça leur retombera dessus d’une manière ou d’une autre.
Mon avis est plus nuancé sur la notion même d’arnaque. En SEO classique, j’ai vu beaucoup de clients se sentir arnaqués alors que le prestataire avait fait un travail correct. Prenez quelqu’un qui achète un nom de domaine le matin et qui exige la première position sur « serrurier Paris ». Vous lui expliquez la réalité, il ne veut pas l’entendre, vous le montez cinquième ou sixième, ce qui serait un exploit, et il vous accuse quand même. Sur le GEO, nous n’avons pas encore le recul nécessaire, et je n’ai pas encore vu de client venir me dire qu’il s’était fait avoir. Dans un an, la photo sera différente.
Ce que je vois en revanche toutes les semaines dans mes lives : des gens qui vendent du SEO ou de la création de site et qui viennent me demander d’analyser le leur, construit à la va-vite avec une IA et des balises à l’envers. Si vous voulez vendre du référencement, faites d’abord en sorte que votre propre site tienne debout.
LinkedIn ou X : où se passe la conversation SEO
Paul est passé de LinkedIn à X, et il constate un retour du contenu humain sur LinkedIn après une période difficile. Il ne lit pas beaucoup les publications des autres, par choix, et il scrolle surtout pour observer ce qui fonctionne comme format.
Son diagnostic sur LinkedIn est sévère mais lucide. Deux catégories dominent : ceux qui survendent du rêve, plutôt les nouveaux venus, et ceux qui sont là depuis longtemps et qui emploient des mots compliqués pour prouver leur expertise sans jamais rien montrer de concret. Il assume avoir participé à la dérive avec des publications à commentaires, tout en délivrant de vraies ressources derrière. La plateforme corrige le tir, parce qu’elle n’a pas envie de devenir une poubelle.
Il préfère X aujourd’hui, où le ton lui paraît plus juste, après une période trop sectaire entre anciens du SEO. Depuis le lancement de ChatSEO, il y est passé de 3 000 à 9 000 abonnés en six mois. Je fais la démarche inverse en ce moment, en nettoyant mon compte pour m’y installer sérieusement. Et j’utilise surtout mes propres agents de veille pour surveiller X, parce que c’est là que les nouveautés sur les modèles sortent d’abord, avec les premiers retours d’usage.
Ce que j’en retiens
Trois choses de cette heure vingt. La première, c’est que la citation est en train de remplacer le lien comme unité de compte du netlinking, et que deux praticiens qui ne travaillent pas du tout pareil arrivent à la même conclusion en partant chacun de son côté. Si votre budget de liens n’a pas encore bougé vers de la relation presse et de la mention de marque, vous avez un an de retard.
La deuxième, c’est que YouTube est aujourd’hui le meilleur rapport effort sur visibilité du marché francophone. Une vidéo, un short avec le même titre, et vous occupez quatre positions et deux sources d’aperçu IA. Peu de leviers offrent ça pour un après-midi de travail.
La troisième est une mise en garde sur les outils. La partie visible d’un assistant SEO se reproduit en une soirée, et ça ne vaut rien. Ce qui vaut quelque chose, c’est la méthode qu’on y met : des années de SERP regardées, de tests ratés, de clients difficiles. Avant de payer un abonnement à un outil SEO IA, regardez qui l’a construit et ce que cette personne a réellement fait avant. C’est le seul critère qui tienne.
Vous retrouverez Paul Vengeons sur son site, sur sa chaîne YouTube où il publie une vidéo par semaine, et sur ChatSEO. Les épisodes précédents du Carnet sont là aussi, avec Juliette Bègue d’Ahrefs France et Luca Fancello. Et si vous voulez voir à quoi ressemble l’autre approche de l’assistant SEO, celle que je construis de mon côté, elle est sur la page de BotSEO.