« Vous possédez de l’or. » C’est ce que j’ai dit à Juliette Bègue au bout de dix minutes, et je le pense toujours. Juliette Bègue est responsable marketing d’Ahrefs France, et elle passe environ un tiers de son temps le nez dans les données de l’outil. En septembre 2026, elle a publié neuf études. Sur les aperçus IA en France, elle a probablement la donnée la plus fraîche du marché.
Alors plutôt que de vous résumer une conversation, je vous livre ce qu’elle apporte de plus rare : des chiffres, sourcés, avec les liens vers ses études. Le podcast complet est en dessous, la data et ce que j’en fais viennent juste après.
Qui est Juliette Bègue
Juliette Bègue est responsable marketing d’Ahrefs pour la France, poste qu’elle occupe depuis un an. Avant Ahrefs, elle tenait une fonction proche chez un éditeur d’emailing, et encore avant dans un incubateur de startups.
Son travail couvre trois choses : le blog français d’Ahrefs, quasi inexistant avant son arrivée et aujourd’hui en forte croissance, les vidéos YouTube couplées aux articles, et surtout l’analyse de données. C’est ce dernier volet qui nous intéresse. Depuis le 22 juillet 2026, date du déploiement des aperçus IA en France, elle publie étude sur étude.
Un détail de méthode qui explique la fiabilité de ce qui suit : une data scientist relit ses analyses avant publication. Elle raconte en tirer une conclusion, et s’entendre répondre qu’il n’y a pas assez de données sur ce secteur pour affirmer ça. Ce garde-fou est la raison pour laquelle je cite ses chiffres plutôt que ceux qui circulent sur LinkedIn.
Ce que les aperçus IA ont coûté aux sites français en un mois
Les domaines français les plus exposés aux aperçus IA ont perdu 23,1 % de taux de clics dans le mois qui a suivi le déploiement du 22 juillet 2026. C’est le chiffre principal de son étude sur la baisse de clics en France, et il mérite d’être lu avec ses nuances, qu’elle a tenu à poser en direct avant de le donner.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| CTR des domaines les plus exposés aux aperçus IA | -23,1 % |
| Part de ces domaines très exposés qui perdent du CTR | 82,2 % |
| CTR médian sur l’ensemble du panel | -5,7 % |
| Clics médians sur l’ensemble du panel | -8,8 % |
| Taux d’aperçu IA médian des sites étudiés | 5,4 % |
| Sites dont plus de 10 % des requêtes déclenchent un aperçu IA | 29 % |
| Secteur santé : taux d’aperçu IA / effet sur le CTR | 22,2 % / -20,4 % |
Presque un site sur deux a perdu plus de 10 % de ses clics quotidiens. Le cas le plus spectaculaire du panel affiche +183 % d’impressions pour -1,9 % de clics, soit un taux de clics divisé par plus de trois. Vous êtes plus vus, et moins cliqués.
La règle de trois que je retiens de cette étude, et que vous pouvez appliquer à votre propre site dès ce soir : si 15 % de vos requêtes déclenchent un aperçu IA, attendez-vous à perdre autour de 15 % de votre taux de clics. Détail cruel pour finir : sur la même période, les sites peu exposés ont vu leur CTR monter de 2,3 %. Les sites touchés n’ont pas seulement baissé, ils ont aussi raté la hausse dont les autres ont profité.
La trajectoire américaine dit où va la France
Aux États-Unis, l’impact des aperçus IA sur le taux de clics de la première position est passé de -34,5 % au printemps 2025 à -58 % fin 2025. Huit mois pour presque doubler.
C’est le chiffre qui devrait vous faire lever les yeux de votre Search Console. Les -23,1 % français sont mesurés sur les tout premiers jours d’un déploiement toujours en cours. Le marché n’est pas stabilisé, et la tendance américaine indique une direction, pas un plateau.
Quelles requêtes déclenchent réellement un aperçu IA
Les aperçus IA apparaissent sur 21 % des mots-clés recherchés, et 99,9 % d’entre eux se déclenchent sur des requêtes à intention informationnelle. Cette analyse porte sur 146 millions de SERP, francophones et anglophones, et c’est probablement la donnée la plus actionnable de tout l’épisode.
| Type de requête | Probabilité d’aperçu IA |
|---|---|
| Requêtes sous forme de question | 57,9 % |
| Requêtes de 7 mots et plus | 46 % |
| Requêtes médicales YMYL | 44,1 % |
| Thématique santé | 43,0 % |
| Animaux de compagnie | 36,8 % |
| Société | 35,3 % |
| Moyenne tous mots-clés | 21 % |
| Actualités | 15,1 % |
| Sport | 14,8 % |
| Recherches locales | 7,9 % |
| Immobilier | 5,8 % |
Retenez la ligne des recherches locales. Un artisan, un commerçant, un cabinet qui travaille une zone géographique est aujourd’hui très peu exposé : moins de 8 % de ses requêtes déclenchent un aperçu IA. Le référencement local reste, pour l’instant, le terrain le mieux protégé du web français.
À l’inverse, si votre modèle repose sur des contenus de définition et des guides pratiques, vous êtes dans la zone la plus arrosée. Sa méthode pour trancher est simple et vous pouvez la reproduire : sortez la liste de vos requêtes positionnées, filtrez celles qui déclenchent un aperçu IA, et décidez ensuite. Soit vous travaillez cette liste pour être cité, soit vous allez chercher du trafic ailleurs. Dans les deux cas, cette liste est la clé.
Les sites les plus cités dans les aperçus IA en France
YouTube est le domaine le plus cité par les aperçus IA en France, avec 7 237 citations en juillet 2026, soit 24 % de plus que Wikipédia qui arrive deuxième. Voici le haut de son classement des 50 sites les plus cités, mesuré via Brand Radar.
| # | Domaine | Citations | Pages citées | DR |
|---|---|---|---|---|
| 1 | youtube.com | 7 237 | 12 020 | 99 |
| 2 | fr.wikipedia.org | 5 842 | 6 483 | 97 |
| 3 | facebook.com | 2 735 | 3 189 | 100 |
| 4 | larousse.fr | 1 344 | 1 386 | 83 |
| 5 | instagram.com | 1 249 | 1 370 | 100 |
| 6 | service-public.gouv.fr | 835 | 512 | 92 |
| 7 | ameli.fr | 832 | 492 | 90 |
| 8 | vidal.fr | 723 | 699 | 80 |
| 9 | cnrtl.fr | 688 | 694 | 79 |
| 10 | dailymotion.com | 625 | 624 | 91 |
| 11 | tiktok.com | 592 | 626 | 97 |
| 12 | reddit.com | 562 | 638 | 95 |
Trois enseignements que je n’aurais pas devinés sans cette donnée. Dailymotion est dixième, devant TikTok et Reddit : la plateforme française n’est pas morte, elle est citée 625 fois par mois par les aperçus IA. Les plateformes de contenu généré par les utilisateurs et les sources institutionnelles occupent tout le haut du tableau. Et la santé est surreprésentée, avec Ameli, Vidal et plusieurs sources médicales dans le top 15, ce qui recoupe le taux d’aperçu IA de 43 % du secteur.
Le contre-exemple est le plus encourageant du classement : un site comme orthodidacte.com apparaît au trente-et-unième rang avec un DR de 54 seulement. Une autorité de domaine moyenne ne vous interdit pas d’être cité, à condition de couvrir votre thématique en profondeur. Elle dit avoir déjà vu des domaines en DR 30 ou 40 se positionner correctement sur des niches bien traitées.
Le e-commerce s’en sort mieux qu’annoncé
Dans le e-commerce français, le taux de clics a reculé de 5,4 % entre le 22 et le 31 juillet 2026, d’après les chiffres exclusifs d’Ahrefs communiqués à mind Retail. Un avertissement au passage : l’adresse de cet article contient « 54 » pour 5,4, ce qui a déjà fait circuler un chiffre dix fois trop élevé.
Le secteur est donc touché, mais nettement moins que la santé ou que les éditeurs de contenu informationnel. Ce qui est logique : une requête produit est rarement une question, et les aperçus IA ne se déclenchent presque jamais sur du transactionnel pur.
Être cité dans un aperçu IA, ce que ça rapporte vraiment
Une page citée dans un aperçu IA obtient un meilleur taux de clics qu’une page absente de cet aperçu, mais le taux de clics global de la SERP baisse pour tout le monde. C’est le paradoxe qu’elle formule le plus clairement de l’épisode : que vous soyez cité ou non, vous perdez du clic. Être cité limite la casse et construit de la notoriété, ça ne restaure pas le trafic d’avant.
Elle avance un second chiffre, issu de ses analyses internes : environ 34,5 % des pages citées par les IA ne sont pas visibles sur Google. Autrement dit, un tiers des sources des modèles ne viennent pas du top des résultats classiques. Une position 1 ne garantit donc ni la citation dans un aperçu IA, ni la citation par ChatGPT.
C’est l’argument qui ruine l’idée que la visibilité IA serait un sous-produit automatique du SEO. Il y a un socle commun, large, mais il existe un espace où les deux logiques divergent, et c’est précisément là que se joue le travail des prochains mois. J’ai détaillé ce mécanisme dans ma page sur le query fan-out.
0,6 % du trafic, 13 % de conversion
Le trafic venu des LLM représente aujourd’hui environ 0,6 % du trafic sur le marché français, avec un taux de conversion autour de 13 %. Ce sont les chiffres qu’elle observe chez Ahrefs, et ils disent tout de la période que nous traversons.
Un volume encore marginal, une qualité sans commune mesure avec le reste. Sur un de mes clients, j’observe la même mécanique : -25 % de taux de clics depuis l’arrivée des aperçus IA et du Mode IA, et +15 % de conversions. Le visiteur qui arrive après avoir interrogé une IA a déjà fait le tri, comparé, éliminé. Il arrive plus loin dans son parcours.
La conséquence pour votre reporting est immédiate : un tableau de bord qui suit le trafic comme indicateur principal va vous faire prendre de mauvaises décisions pendant les deux prochaines années.
Son verdict sur le mot GEO : « le client a toujours raison »
Elle préfère parler de visibilité IA, mais elle utilise le mot GEO parce que c’est celui que le marché tape. Sa position est purement fondée sur la donnée de recherche, et c’est ce qui la rend intéressante.
Ahrefs a comparé les volumes sur GEO, AEO, LLMO et visibilité IA dans plusieurs pays. Dans les cultures occidentales, France, Espagne et États-Unis en tête, c’est GEO qui domine largement, décliné en consultant GEO, logiciel GEO, stratégie GEO. Au Japon, ce serait plutôt AEO. Sa conclusion tient en une phrase : elle dit visibilité IA, mais le client dit GEO.
Je continue de penser que le terme est un habillage marketing et qu’il faut surtout faire du bon SEO, entendu comme une stratégie multicanale et de marque, pas comme des balises bien remplies. Nous sommes d’accord sur le fond, et son argument commercial est imparable : se battre contre le vocabulaire du marché, c’est perdre des prospects.
Elle signale au passage une autre différence de maturité : l’Espagne est en avance sur la France sur le nombre de recherches autour de consultant SEO et consultant GEO. Le marché français rattrape, il ne défriche pas.
Les trois éléments que ChatGPT regarde en priorité
Pour décider qui citer, ChatGPT s’appuie sur ses données d’entraînement et sur l’index web, et regarde en priorité trois éléments d’une page : le titre, l’URL et l’extrait affiché. C’est le conseil le plus directement applicable de tout l’épisode.
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Prendre RDV gratuitementCes trois éléments doivent porter la requête et l’intention que vous ciblez. Le titre, qu’on nous répète d’optimiser depuis vingt ans, prend une dimension nouvelle : il n’est plus seulement un argument de clic pour un humain, il est un critère de sélection pour une machine qui ne verra peut-être jamais votre page en entier. Sur le site, la règle est posée dans ma méthode Passeport vers la Citation.
Le deuxième réflexe qu’elle recommande vient du journalisme : la pyramide inversée. L’information principale en haut, tout de suite, avant le contexte et les nuances. Un modèle qui extrait un passage prend ce qui est en tête de section.
La donnée propriétaire est le meilleur actif de citation
Une donnée que personne d’autre ne possède, absente de l’index web, augmente fortement vos chances d’être repris par un moteur de recherche et par un LLM. C’est le cœur de sa stratégie chez Ahrefs, et elle assume l’avantage structurel que ça lui donne.
Quand elle écrit un contenu même classique, du type « comment apparaître dans les aperçus IA », elle a la donnée qui appuie chaque affirmation. Le contenu devient immédiatement légitime aux yeux des critères E-E-A-T, sans avoir à le revendiquer.
Elle ajoute une pratique que je recommande à tous mes clients depuis longtemps : expliquer sa méthodologie en quelques phrases dans l’étude. Ça rassure le lecteur, et ça donne au modèle de quoi évaluer la fiabilité de la source. Son étude française précise ainsi la taille du panel, la fenêtre d’observation et ce que le chiffre ne dit pas.
Même sans base de données, vous en avez plus que vous ne croyez : vos devis, vos délais réels, vos taux de réussite, vos prix, les questions que vos clients posent. C’est de la donnée propriétaire.
43 % des pages citées par ChatGPT sont des classements
Plus de 43 % des pages citées par ChatGPT en 2025 sont des listes de type « les X meilleurs », ce qui explique l’explosion de ce format. Mais elle prévient : la mécanique se referme.
Ces classements sont de moins en moins nombreux à être cités, et ceux qui le restent ont une autorité de domaine de plus en plus élevée. Trois critères déterminent aujourd’hui si une citation dans une liste vous sert à quelque chose :
- Votre marque doit apparaître dans le premier tiers de la liste. En dessous, l’effet est quasi nul.
- Le site qui publie la liste doit avoir une autorité de domaine autour de 50 ou plus.
- La page doit avoir été mise à jour dans les douze derniers mois.
Autrement dit, la vague des classements croisés entre confrères a fonctionné, elle fonctionne encore, mais elle se professionnalise. Se faire citer en quinzième position d’un listicle en DR 20 jamais mis à jour ne produit plus rien.
La moitié des sources du query fan-out sont invisibles
Quand ChatGPT décompose une requête en sous-questions, il s’appuie sur des discussions Reddit qu’il ne cite ni ne source dans la moitié des cas. L’information est invisible pour l’utilisateur, mais mesurable avec un outil.
La conséquence stratégique est considérable. Une discussion peut peser sur la réponse générée sans jamais apparaître comme source. Vous pouvez donc influencer une réponse sans jamais être crédité, et vos concurrents aussi. Elle recommande d’y aller sans promotion frontale, qui se fait sanctionner immédiatement sur ces plateformes, mais en mentionnant naturellement ce que vous faites.
Elle note par ailleurs un recul assez soudain de l’usage de Reddit par ChatGPT ces derniers mois. La plateforme reste citée, moins haut qu’avant. Dans les aperçus IA en France, Reddit se maintient à la douzième place des domaines cités, souvent via des discussions anglophones, puisque ces systèmes restent construits sur des données américaines.
Contenus longs ou contenus courts : ni l’un ni l’autre
Les études d’Ahrefs ne montrent aucun avantage à publier un contenu long pour être cité par ChatGPT ou par les aperçus IA. La longueur n’est pas un critère.
Ce qui compte est le type de page attendu par l’intention. Elle est très concrète là-dessus : si la requête appelle une page de comparaison, une landing page ou un outil, écrire un article de blog ne vous positionnera pas, quelle que soit sa qualité. Regardez le format des trois premiers résultats, et produisez ce format.
Sa préférence personnelle va aux contenus plus courts, sourcés, avec des réponses rapides, dans une logique de couverture thématique plutôt que de guide de cent pages. Ce qui rejoint exactement sa recommandation d’entrée d’épisode : arrêter de penser un article pour un mot-clé, et penser une thématique couverte par plusieurs contenus, articles, vidéos et publications, qui installent l’autorité de la marque et de ses auteurs.
Peut-on confier son SEO à une IA en autopilote
Non, pas sans outil connecté : un modèle interrogé seul sur des données SEO invente les chiffres qu’il n’a pas. Sa réponse est catégorique et l’exemple est parlant. Demandez à ChatGPT sans connecteur les cinq contenus les mieux positionnés de vos concurrents, il n’a pas cette information et il la produira quand même.
Le correctif s’appelle MCP, et sa définition vulgarisée mérite d’être reprise telle quelle : c’est l’API pour les personnes qui ne sont pas techniques. Vous branchez votre outil SEO sur Claude ou ChatGPT, et vos questions en langage naturel vont chercher de vraies données. Elle y voit un excellent contournement pour qui n’a pas envie d’apprendre une plateforme complète.
Sur le budget, elle déconseille de commencer par un abonnement payant. Sa progression : les Webmaster Tools gratuits d’Ahrefs d’abord, qui donnent accès à quatre fonctionnalités dont l’audit de site et suffisent à beaucoup d’utilisateurs, puis la première formule payante, qu’elle situe autour de 27 euros par mois, puis un palier supérieur autour de 100 euros quand le retour est là. Les tarifs officiels font foi, les grilles bougent souvent.
Son avertissement sur le temps est le plus honnête que j’aie entendu de la part d’un éditeur d’outil : dès que vous payez cent euros par mois, ce n’est plus l’abonnement qui coûte, c’est le temps passé dessus. À ce stade, recrutez, déléguez ou formez-vous vraiment.
Ce qu’elle conseille à un artisan qui part de zéro
Pour une entreprise qui n’existe pas encore en ligne, la priorité n’est pas de suivre les mises à jour de Google, c’est de produire de l’information, parce qu’une IA sans information sur vous en inventera. Elle s’appuie sur une étude interne où un collègue a créé une fausse marque et disséminé du contenu sur Reddit et Medium pour mesurer la désinformation des modèles.
Sa méthode, par étapes, pour un électricien ou un plombier :
- Lister toutes les questions qu’un client peut se poser, sur les prestations comme sur l’entreprise : délais d’intervention, urgences, zone couverte, tarifs, garanties.
- Répondre à chacune sur le site. Ça crée le contenu et ça vous fait exister.
- Vérifier le temps de chargement. Au-delà de deux secondes, le visiteur part.
- Soigner la fiche Google et obtenir des avis clients, indispensables pour être trouvé sur Maps.
- Publier ensuite, progressivement, sur les réseaux.
Au bout de six mois à un an, avec le peu de temps disponible, la présence est déjà exploitable. Et elle est réaliste sur un point que je constate aussi : la plupart des artisans n’ont pas le temps, et c’est au consultant de leur vendre un retour sur investissement, pas une prestation technique.
YouTube, même sans audience
Beaucoup de vidéos citées dans les aperçus IA en France font très peu de vues. C’est l’information qui devrait décider ceux qui hésitent à se lancer, et elle la tient de ses propres données.
Ce qui compte n’est pas le compteur de vues, c’est la qualité de ce que la machine peut lire. Elle insiste sur le fichier de sous-titres SRT, à nettoyer soigneusement, en particulier sur les noms propres et les noms de marques que la transcription automatique massacre systématiquement. Elle a d’ailleurs construit une application avec Letaido, l’outil d’automatisation d’Ahrefs, uniquement pour fiabiliser ces fichiers. Ajoutez une description qui nomme les intervenants, des chapitres et des liens vers vos sources.
Avec 7 237 citations mensuelles, YouTube est la porte d’entrée la plus large vers les aperçus IA français. Une chaîne à dix abonnés avec des sous-titres propres est mieux placée qu’une absence.
Elle ajoute un appel que je relaie volontiers : il manque des femmes dans le contenu SEO et IA francophone. Nelly Kempf, que j’ai reçue ici, et Amandine Bart font partie de celles qu’elle suit et recommande.
Ce que j’en retire
Trois choses de cette heure et demie. La première, c’est que le référencement local est le grand épargné de cette transition, avec 7,9 % de requêtes concernées contre 43 % dans la santé. Si vous travaillez une zone géographique, vous avez du temps devant vous, et vous devriez l’utiliser maintenant plutôt qu’au moment où tout le monde s’y mettra.
La deuxième, c’est que la perte de trafic n’est pas une perte de business. 0,6 % de trafic depuis les LLM pour 13 % de conversion, un client à -25 % de clics et +15 % de conversions : les visiteurs qui restent valent plus que ceux qui sont partis. Ce qui disparaît, ce sont les requêtes informationnelles, et elles ne vendaient rien.
La troisième, c’est méthodologique, et c’est ce qui donne à ses chiffres une valeur que les publications LinkedIn n’ont pas. Une data scientist qui refuse une conclusion trop rapide, une méthodologie écrite dans l’article, des mises en garde avant de donner le chiffre. Dans un marché où chacun affirme des pourcentages sans source, ce cadre est ce qui sépare une étude d’une opinion. Vérifiez toujours : l’adresse de l’article de mind Retail contient « 54 » là où l’étude dit 5,4, et cette confusion circule déjà.
Vous retrouverez Juliette Bègue sur Ahrefs en français sur LinkedIn, où elle publie ses études, et sur le blog français d’Ahrefs. Les épisodes précédents sont là aussi, avec Emmanuel Bismuth et Sarah El Gharbi.