Screaming Frog SEO Spider est un crawler qui parcourt votre site comme Googlebot et liste ses erreurs techniques : liens cassés, redirections, balises manquantes, pages orphelines. Gratuit jusqu’à 500 URL, il demande ensuite une licence annuelle.
L’outil ne fait pas l’audit à votre place. Il produit des milliers de lignes, et tout le travail consiste à savoir lesquelles comptent. Voici la méthode que j’applique quand je lance un crawl chez un client, de l’installation jusqu’à la liste de corrections, à jour de la version 25 sortie le 3 novembre 2026.
Installer et configurer Screaming Frog
Le logiciel se télécharge sur le site de l’éditeur et s’installe sur Windows, macOS ou Linux. La version gratuite suffit pour un site vitrine : elle s’arrête à 500 URL. Au-delà, la licence coûte 245 € par an et par poste sur la page tarifs en euros, avec un tarif dégressif à partir de cinq licences.
Avant le premier crawl, cinq réglages changent la qualité du résultat :
- Le stockage (File > Settings > Storage Mode). Le mode base de données est celui par défaut et l’éditeur le recommande sur un disque SSD. Il est aussi indispensable pour comparer deux crawls. Le mode mémoire reste adapté aux machines sans SSD et aux sites de moins de 500 000 URL.
- Le rendu (Configuration > Spider > Rendering). En « Text Only », l’outil lit le HTML brut. Si votre site affiche son contenu ou ses liens en JavaScript (React, Vue, certains thèmes), passez en mode JavaScript : Screaming Frog charge alors chaque page dans un Chromium sans interface, comme le fait Google.
- Le user-agent (Configuration > User-Agent). Choisissez Googlebot Smartphone : Google indexe d’abord la version mobile, c’est donc elle qu’il faut auditer. Vérifiez au passage que le pare-feu de l’hébergeur ne bloque pas ce user-agent.
- Les sitemaps (Configuration > Spider > Crawl Linked XML Sitemaps). Cochez cette option : sans elle, les filtres qui comparent le sitemap au maillage restent vides.
- Les API (Configuration > API Access). Connectez Google Search Console et Google Analytics. Les clics et impressions s’affichent alors en face de chaque URL, et l’outil peut repérer les pages qui reçoivent du trafic sans aucun lien interne.
Laissez l’option de respect du robots.txt activée pour voir le site comme Google le voit. Sur un hébergement mutualisé fragile, réduisez la vitesse de crawl ; la version 25 ralentit d’ailleurs automatiquement quand le serveur renvoie des codes 429 ou 503.
Crawler un site et lire les résultats
Saisissez l’adresse de la page d’accueil en mode Spider et lancez le crawl. Le mode List sert à un autre usage : contrôler une liste d’URL précise, par exemple les anciennes adresses avant une migration.
À la fin du crawl, lancez Crawl Analysis > Start, ou cochez l’analyse automatique en fin de crawl. Cette étape calcule le Link Score, les quasi-doublons et les filtres liés au sitemap. Beaucoup d’utilisateurs l’oublient et concluent à tort qu’ils n’ont aucune page orpheline.
Ensuite, ne partez pas des onglets du haut. Ouvrez l’onglet Issues, dans le panneau de droite : il regroupe les problèmes détectés et leur attribue une priorité haute, moyenne ou basse. Depuis la version 25, vous pouvez désactiver un problème qui ne vous concerne pas ou changer sa priorité, ce qui rend la liste beaucoup plus lisible sur un site réel. Le nouvel onglet Dashboard en donne une vue d’ensemble à présenter au client.
Un réflexe utile : comparez le nombre d’URL indexables trouvées par le crawl au nombre de pages indexées dans la Search Console. Un écart important signale déjà un problème de maillage, de duplication ou de pages bloquées.
Détecter les erreurs techniques
Je passe en revue les erreurs dans cet ordre, du plus bloquant au moins grave :
- Erreurs serveur (5xx). Onglet Response Codes, filtre Server Error. Une page qui renvoie une erreur 5xx ne peut pas être indexée, et des erreurs répétées poussent Google à ralentir son exploration.
- Liens internes vers des 404. Filtre Client Error, puis l’onglet Inlinks en bas de l’écran pour voir quelles pages contiennent le lien cassé. On corrige le lien à la source, pas seulement avec une redirection.
- Redirections en chaîne. Reports > Redirects > Redirect Chains. Google suit jusqu’à 10 redirections successives, mais chaque saut ralentit l’exploration. Faites pointer vos liens directement vers l’URL finale.
- Directives d’indexation. Onglet Directives : un noindex oublié sur un gabarit après une refonte suffit à faire disparaître une rubrique entière. La colonne Indexability Status de l’onglet Internal indique pourquoi chaque URL est jugée non indexable.
- Balises canonical. Onglet Canonicals : canonicals qui pointent vers une page en erreur, vers une redirection ou vers une autre page sans raison.
Pour un site en JavaScript, comparez le HTML brut et le HTML rendu d’une page type. Si les liens ou le texte n’apparaissent qu’au rendu, vérifiez ce que Google en voit avec l’outil de page rendue de la Search Console.
Analyser les pages et les liens internes
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Prendre RDV gratuitementUne fois les erreurs bloquantes repérées, passez au contenu des pages. Les onglets Page Titles, Meta Description et H1 listent les balises absentes, dupliquées ou trop longues. Screaming Frog mesure la longueur des titres en pixels, plus fiable qu’un nombre de caractères pour savoir s’ils seront tronqués. Le filtre Near Duplicates de l’onglet Content repère les pages presque identiques, fréquentes sur les catalogues et les pages par ville.
Le maillage interne demande plus d’attention, car c’est là que l’outil apporte le plus :
- Profondeur de crawl. La colonne Crawl Depth donne le nombre de clics depuis la page de départ, redirections comprises. Le filtre Pages With High Crawl Depth de l’onglet Links montre les pages enfouies. Une page de service à cinq clics de l’accueil reçoit peu d’autorité.
- Liens entrants. Triez l’onglet Internal par nombre de liens entrants (Unique Inlinks) et regardez vos pages qui rapportent : elles devraient figurer en tête, pas les mentions légales.
- Link Score. Ce score de 0 à 100, calculé par la Crawl Analysis, estime l’autorité interne de chaque URL.
- Pages orphelines. Reports > Orphan Pages croise le crawl avec le sitemap, la Search Console et Analytics. Une page qui reçoit des impressions sans aucun lien interne est une opportunité facile.
Pour structurer ces corrections, mon guide du maillage interne SEO détaille les modèles de liens et le travail sur les ancres, et l’article sur le deep linking explique comment pousser l’autorité vers les pages profondes.
Exporter et prioriser les corrections
Chaque onglet s’exporte avec le bouton Export, et le menu Bulk Export sort les données transversales, par exemple Links > All Inlinks pour tous les liens internes avec leur ancre. Exportez seulement ce qui servira à une correction : un fichier de 40 000 lignes que personne n’ouvre ne sert à rien.
Pour prioriser, je classe chaque problème selon deux critères, le nombre de pages touchées et leur valeur, mesurée par les clics Search Console remontés par l’API :
- Ce qui bloque l’indexation des pages qui rapportent : erreurs 5xx, noindex ou canonical erronés, ressources bloquées par le robots.txt. À corriger dans la semaine.
- Ce qui gaspille l’exploration et l’autorité : liens internes vers des 404, chaînes de redirections, duplication.
- Ce qui freine les pages stratégiques : profondeur excessive, pages orphelines, faible Link Score.
- Les optimisations de balises : titres, meta descriptions, H1. Utiles, mais rarement la cause d’un recul.
Pour chaque ligne, notez la cause probable (un gabarit, un plugin, un import), car une correction de gabarit règle souvent des centaines d’URL d’un coup. Après les corrections, relancez un crawl et utilisez la comparaison de crawls (mode base de données) pour vérifier que les problèmes ont bien disparu sans en créer d’autres. Un crawl programmé chaque mois détecte les régressions avant qu’elles ne coûtent du trafic.
Quand faire appel à un consultant ?
Screaming Frog répond à la question « qu’est-ce qui ne va pas techniquement ? ». Il ne dit pas pourquoi une page recule ni ce qui rapportera le plus. Les situations où un regard extérieur fait gagner du temps sont assez nettes :
- un site de plusieurs dizaines de milliers d’URL, où l’on se noie dans les exports ;
- une refonte ou un changement de domaine, où un plan de redirections raté coûte des mois de trafic (voir la migration SEO) ;
- un site rendu en JavaScript, dont le diagnostic demande de croiser le crawl, la Search Console et les logs serveur ;
- une baisse de trafic sans erreur visible dans le crawl, qui relève alors du contenu, de la concurrence ou d’une mise à jour de Google.
Dans un audit SEO, le crawl n’est qu’une étape : je le croise avec les données de la Search Console, l’analyse des contenus et des concurrents, puis je livre une feuille de route classée par impact. Si vous préférez garder la main, un accompagnement par un consultant SEO peut aussi consister à vous former à lire vos propres crawls. Pour le reste des fondations techniques, la page SEO technique présente le périmètre complet.
Sources
- Screaming Frog, SEO Spider Update, Version 25.0, 3 novembre 2026.
- Screaming Frog, SEO Spider pricing, consulté le 5 novembre 2026.
- Screaming Frog, SEO Spider user guide, configuration, consulté le 5 novembre 2026.
- Screaming Frog, SEO Spider user guide, tabs, consulté le 5 novembre 2026.
- Google Search Central, Impact des codes d’état HTTP et des erreurs réseau et DNS sur la recherche Google, consulté le 5 novembre 2026.
